Naissance d’un geek ?
J’imagine déjà vos réactions à la lecture du titre de ce blog : « Quoi ? Encore un geek ? Mais ils se reproduisent entre eux c’est pas possible !! ». Je tiens a rassurer tout de suite ceux d’entre vous qui êtes allergiques aux propos alambiqués des technophiles avertis (plus couramment appelés « geek »), je suis ce qu’on pourrait appeler un geek d’adoption…
C’était pourtant bien parti pour moi, j’avais toutes les chances de mon côté pour éviter de tomber dans une soif permanente de technologie. Des parents parfaitement incapables de se servir dignement d’un magnétoscope (pour les plus jeunes d’entre vous je fais référence à l’ancêtre du lecteur DVD), une éducation française à l’époque ou les établissements scolaires venaient juste de s’équiper fièrement de splendide TO7 et MO5 dont les cours d’informatique (enfin de « logo », un langage qui consistait à informer une tortue de la direction à suivre pour réaliser un beau dessin) étaient plus soporifiques que le JT de 13 de TF1.
Bref rien ne me prédestinait à ouvrir un jour un blog portant sur les technologies du net et ses implications sur le plan social et marketing. Il faut dire que mes parents ne se sont doutés de rien, quand suite à l’ouverture de la boîte qui contenait mon tout premier Apple IIc (ancêtre du mac book pro avec lequel j’écris cette note… la nostalgie c’est bien, le progrès c’est mieux !) j’ai mis de coté toute forme de vie sociale pour consacrer mon temps au développement de petites applications me permettant de mieux apprendre mes tables de multiplication (heu… oui… je devais avoir 7 ou 8 ans). « Il se cherche », pensaient-ils sans doute, « ça va lui passer » se rassuraient-ils probablement en me trouvant devant l’écran au petit matin hurlant que j’avais trouvé la solution à mon problème de la veille et les suppliant de me laisser raté un jour d’école pour mettre en pratique ma théorie.
Ensuite il y a peut-être eu un début d’inquiétude, ou une volonté de me sevrer de cette technologie diabolique, mais mon vieil Apple IIc n’a pas eu de successeur immédiat, j’avais fini par me lasser, et j’avais exploité la grande majorité de ses possibilités. L’informatique a connu ses nombreuses révolutions sans moi qui m’orientais plus vers une carrière de photographe… Il m’arrivait occasionnellement de me passionner des après-midi entiers sur les ordinateurs de mes voisins, d’y tripatouiller frénétiquement à chaque fois que j’en avais l’occasion, mais la encore mes parents prenaient ça pour des erreurs de jeunesse et me pardonnaient aisément. C’était sans compter deux choses qui allaient changer ma vie… la photographie (mon premier métier) allait elle aussi être affecté par la magie de l’informatique, et bien sûr révolution parmi les révolutions… l’arrivée d’Internet !
Il s’en est passé des choses sur la toile depuis ce jour béni ou j’ai tapé mes premiers mots clés dans un truc appelé yahoo dans le cadre d’une exposition qui tentait de faire découvrir Internet au grand public. En ce temps le simple fait de réussir à connecter son ordinateur au réseau tenait de l’exploit technologique. Trouver une information ou un service était pure utopie (et oui Google n’avait pas encore fait sa fracassante apparition). Depuis je n’ai cessé d’apprendre, de découvrir, de me nourrir de tout ce qui pouvait se dire et se faire en matière de technologie web. Chaque jour correspondait à nouveau un défi, une technologie à maîtriser, une autre à découvrir.
Depuis mes tout premiers pas sur la toile, il y’a pourtant une chose qui n’a jamais changé sur le fond… la générosité et la disponibilité de la communauté. Ces so called geek tellement passionnés par ce qu’ils font qu’ils consacrent une énergie considérable pour diffuser a qui souhaitera la lire une information riche et précieuse issue d’une accumulations d’expérience, de réflexion et d’un bon nombre de nuits blanches. Dans la forme tout à bien changé certes, les outils ne sont plus les même et c’est tant mieux, mais dans le fond, les personnes qui font vivre ces « nouvelles » communautés d’internautes ont toujours été là , d’ailleurs si elles n’avaient pas été la… nous n’y serions pas non plus. Je profite de ce billet pour les remercier, tous ces geek qui m’ont adopté il y a bien longtemps de ça, sans qui je n’aurais pas progressé, sans qui je n’aurais pas eu le goût de mettre à mon tour mon énergie et ma passion au services des autres.