23 octobre 2009

E-réputation : Digimind tourne SFR en bourrique

L’E-réputation est un sujet on ne peut plus à la mode en ce moment, en bon geek branché que je suis (comprenez par la que je n’ai absolument aucune vie sociale ;-) ) j’ai entrepris de lire absolument tout les supports qui traitaient du sujet de près ou de loin. Je suis donc naturellement tombé sur le livre blanc de la société Digimind (qui se présente comme leader des solutions de veille stratégique) justement intitulé “Réputation internet, Ecoutez et analyser le buzz digital”,  un titre qui, vous vous en doutez, a déclenché chez moi une réaction que je ne saurais décrire sur un blog au lectorat familiale comme le mien. Bref, j’entame donc rapidement la lecture du document, mis en page irréprochable, pas de coquille en vue, ce qui le place très vite dans mon esprit comme un document sérieux dans lequel j’ai l’espoir de trouver un contenu intéressant (que je pourrais très vite replacer dans une conversation professionnelle avec une étonnante suffisance). C’était sans compter la page 13…

Dans les pages précédentes, le livre détaille une suite de cas de buzz négatifs et leurs conséquences, pour en arriver au cas SFR. On y explique qu’en mai 2007 la direction de SFR Service Clientèle a annoncé un projet d’externalisation, que plusieurs blogs ont été créés pour manifester contre ce projet et qu’une tribune virulente a fait son apparition sur le site rue89.com. Les retombées négatives sont détaillées de la manière suivante :

Plus de 25 000 résultats en relation avec les problèmes des services clients de SFR sur Google, dont des reportages vidéos, sont visibles sur le web en janvier 2008. A cette époque, lorsque l’on saisit les mots «services clients sfr» sur le célèbre moteur, c’est un billet de rue89.com, rédigée par la chargée de clientèle SFR, intitulé «AG, débrayages, grèves: le service client de SFR se rebiffe» qui ressort en premier dans les résultats «naturels» du moteur (par opposition aux résultats sponsorisés, liens su fond de couleur, achetés par les entreprises).

Ce qui est même illustré par une capture d’écran de la susnommée recherche google pour montrer que quand même, chez Digimind, ils ne racontent pas n’importe quoi dans leurs livres blanc…

Cas SFR - Livre blanc Réputation Internet publié par Digimind

Cas SFR - Livre blanc Réputation Internet - Digimind

Nous y sommes, le googleur averti aura sans doute compris ou je voulais en venir. Pour les autres, je m’explique. Google à la fâcheuse habitude de mettre les mots des résultats correspondants à la recherche en gras. Allez, cher lecteur, on reclique sur la capture d’écran, on cherche les mots en gras… “services”… oui en effet, “clients” je confirme, “SFR” c’est bien mais essai une dernière fois… ah oui tiens “grève”. Maintenant on regarde le texte saisi dans la zone de recherche google… Tiens, il manque un mot dis donc ? Sans doute un bug de Google. On vérifie la légende, a bin non… c’est juste Digimind qui se foutent ouvertement de leurs lecteurs. Pour “illustrer” le cas pratique, ils ont simplement juger bon de faire un faux en tapant “services clients sfr grève” dans google, puis effacé le mot “grève” du champ de recherche avant de faire la capture d’écran. CQFD, monsieur SFR, regardez ça, il est temps d’engager des professionnels pour gérer votre E-Réputation voyons…

Je ne doute évidemment pas que le cas cité dans le livre blanc ait réellement existé, cependant bidouiller aussi grossièrement une capture d’écran dans un livre blanc qui se veut sérieux n’est pas la meilleure façon de créer une relation de confiance avec ses prospects. Surtout quand on sait que Digimind compte SFR parmi ses clients ! Ca fait envie non ?

Mais je ne m’inquiète pas, je suis très loin d’être un « influenceur » mais je suis sur que Digimind qui est (ne l’oublions pas) “le leader des solutions de veille stratégique” ne tardera a dénicher ce billet et a m’envoyer un petit mail en m’expliquant qu’il ne s’agit la que d’une erreur commise par un stagiaire, qui a été roué de coups de bâton et licencié (plusieurs fois), qu’ils avaient même envisagé de violer sa femme devant ses enfants (question de lui apprendre les bonnes manières, non mais !) mais que malheureusement, il n’avait ni femme ni enfant (mais qu’il ne perdrais rien pour attendre, le vilain). Et que dans tous les cas ils me sont très reconnaissant de leur avoir permis de corriger leur erreur. Et bien entendu, à la réception de ce poignant mail d’excuse sincères, je m’empresserais (après avoir séché mes larmes, je suis un grand sentimental) de publier un billet sur ce même blog pour informer le monde que les gens de chez Digimind, quoi qu’on en dise, c’est vraiment des gens bien comme il faut… Merci la gestion de l’E-réputation.

Ceci étant dit, avant de vous laisser vaquer a des occupations bien plus productives, je tenais a profiter de l’occasion pour dévoiler enfin mon vrai visage aux nombreux lecteurs qui ne cessent de me harceler pour savoir à quoi je ressemble. Bah quoi ? C’est pas ça la gestion de l’E-Réputation ? Mince alors, j’ai rien compris à ce livre blanc moi… :-D

15 novembre 2008

Liberté d’expression, un concept has been ?

Cette réforme de l’audiovisuel commence de plus en plus à ressembler à l’acquisition par l’état d’un bouquet capable de transmettre ses idées au plus grand nombre et dans les meilleures conditions. Certains représentants du gouvernement ou porte parole de la majorité se voient sans doute déjà directeurs des programmes tant ils passent leur temps a squatter les médias “reconnus” pour nous expliquer ce qui devrait être diffusé ou pas sur la télévision publique.

De plus, cette réforme de l’audiovisuel prévoit que les futurs présidents de France télévision ou Radio France soient nommés directement par le chef de l’état. A ce sujet, que les citoyens se rassurent, un chef d’état capable de déclencher 2 actions en justice pour interdire la commercialisation d’une poupée vaudou a son effigie, se gardera (sans doute) de faire pression sur un bouquet de chaîne de télévision et de radio si les journalistes de ces derniers ne respect pas le “ton” donné par l’Elysée, ou peut être pas…

Mais cette acquisition et cette prise de contrôle des médias les plus regardés ou écoutés en France ne suffisent pas, encore faut-il étouffer la liberté d’expression des médias alternatifs (ou “non reconnu” pour cité le gouvernement, rappelez-moi depuis quand l’état décide du bien fondé de l’existence d’un média ?). Le Sénat veut étendre à un an le délai de prescription des faits de diffamation sur le web (voir l’article de fluctuat.net). Mais tous les sites ne sont pas concernés, les sites issus de médias traditionnels “régulièrement déclarés ou autorisés” ne seront pas sujets à cette extension de délai. En gros, les sites “white listés” par nos amis de l’Elysée seront encore considérés comme des journalistes dignes de ce nom, les autres ne seront que de vagues blogueurs potentiellement diffamatoire. Vive la liberté d’expression…

Merci à Morgan pour l’info.

12 février 2008

Peut-on recruter sur facebook ?

Vous avez remarqué comme il est facile de faire un titre un peu accrocheur ? Utilisez “Peut-on” ou “Doit-on” ajoutez-y un verbe puis un terme à la mode et vous vous assurez de mettre l’eau à la bouche à vos lecteurs. Si ce blog avait une orientation culinaire j’aurais sans doute préféré un “Peut-on encore manger sainement” (vous remarquerez l’utilisation du “encore” qui ajoute un coté mélodramatico-nostalgique), si j’avais choisi de m’aventurer sur une thématique politique (dieu m’en préserve) j’aurais probablement osé le “Doit-on critiquer Nicolas Sarkozy” et si vraiment j’avais été au meilleur de ma forme j’aurais peut être cumulé les clés de la réussite en tentant le “Peut-on encore critiquer Nicolas Sarkozy sur Facebook”… mais je m’égare, revenons au véritable sujet de cet article.

La question peut sembler déplacée car évidemment que l’on PEUT recruter sur Facebook, depuis quelques mois déjà les applications de publication de CV fleurissent sur les comptes des utilisateurs, les comptes créer dans l’unique but de recruter ou de présenter une société ont dorénavant une présence qui ne surprend plus personne. Et pour être honnête ces recruteurs auraient tort de se priver… 1,1 million d’utilisateurs francophones sur Facebook (60 millions en tout), une majorité de 25-35 ans… un vivier de candidats à portée de main. Le marché de l’e-recrutement est un morceau de choix pour les acteurs qui réussiront à tirer leur épingle du jeu (tant dans l’esprit des candidats que de celui des recruteurs). L’hyper médiatisation, le succès énorme de FB et la faciliter d’implantation étaient trop tentants… Faire connaître une plateforme sociale sur internet n’est pas un travail simple, dans ce cas précis les médias s’en chargeaient quasi quotidiennement. Avant même de se poser la question de savoir si oui ou non le recrutement avait sa place sur FB, la majorité des acteurs y étaient déjà présent. Mais y sont-ils vraiment à leur place ?

Je n’ai rien contre le fait que FB soit utilisé dans le cadre d’un développement économique, loin de là. Selon une étude réalisée par ComScore, les inscrits à FB y consacreraient en moyenne 20 minutes par jour, si à l’époque des tamagoshi on vous avait proposé un espace publicitaire sur ces petits écrans, vous vous en seriez privé ? Bien sûr que non ! Moi même en tant que consultant internet il ne me viendrait pas à l’esprit d’oublier d’évoquer FB dans le cadre d’une démarche globale pour un client qui cherche a toucher les 25-35 ans. Pour citer un exemple qui a largement fait buzzer la blogosphère, l’agence “Hémisphère droit” a brillamment accompagné Virgin Mobile dans une implantation réussie grâce à l’application dooblebook. Nous sommes la dans le cadre typique de l’annonceur qui cherche à toucher une population ciblée par une forme de séduction en intégrant leur milieu, en exploitant leurs codes. Typiquement le genre d’annonceur qui envoi de jolies demoiselles (ou de charmants garçons selon la cible) sur les plages ou à la sortie des boîtes de nuit d’une station balnéaire au mois d’août pour faire l’apologie du nouveau produit ou service à la mode. On y est, FB est une grosse boîte du nuit, une plage où l’on peut se retrouver entre amis… vous imager des ingénieurs de Motorola ou des DRH de Total venir s’installer a coté de vous pendant que vous vous dorer la pilule pour vous parler de perspective de carrière ? Vous ne seriez sans doute pas très à l’aise. Pour les mêmes raisons, vous ne débarquez probablement pas avec votre album de photo de vacances quand vous allez passer un entretien d’embauche… Le fait de chercher un emploi ne vous empêche pas d’avoir une vie privée, simplement durant le temps de l’entretien, ou dans le cadre de vos échanges professionnels, vous évoluez dans une sphère différente.

Pour faire le parallèle avec nos identités numériques, Facebook est une sphère différente, un espace dédié à des affinités plus personnelles que professionnelles. Si les recruteurs avaient été les premiers à l’exploiter ce serait probablement aujourd’hui un excellent réseau social pour l’emploi, mais il se trouve que les premiers arrivés ont choisi d’en faire autre chose. On peut le regretter, s’en féliciter, mais le succès de Facebook montre bien qu’il avait une véritable demande. Étant actuellement à la recherche d’un poste, je parcours beaucoup les réseaux dédiés aux échanges professionnels, on y trouve tout un tas de fonctionnalités très intéressantes… mais un Facebook dédié au recrutement reste à inventer.