You've got to embrace your inner geek

12 février 2008

Peut-on recruter sur facebook ?

Vous avez remarqué comme il est facile de faire un titre un peu accrocheur ? Utilisez “Peut-on” ou “Doit-on” ajoutez-y un verbe puis un terme à la mode et vous vous assurez de mettre l’eau à la bouche à vos lecteurs. Si ce blog avait une orientation culinaire j’aurais sans doute préféré un “Peut-on encore manger sainement” (vous remarquerez l’utilisation du “encore” qui ajoute un coté mélodramatico-nostalgique), si j’avais choisi de m’aventurer sur une thématique politique (dieu m’en préserve) j’aurais probablement osé le “Doit-on critiquer Nicolas Sarkozy” et si vraiment j’avais été au meilleur de ma forme j’aurais peut être cumulé les clés de la réussite en tentant le “Peut-on encore critiquer Nicolas Sarkozy sur Facebook”… mais je m’égare, revenons au véritable sujet de cet article.

La question peut sembler déplacée car évidemment que l’on PEUT recruter sur Facebook, depuis quelques mois déjà les applications de publication de CV fleurissent sur les comptes des utilisateurs, les comptes créer dans l’unique but de recruter ou de présenter une société ont dorénavant une présence qui ne surprend plus personne. Et pour être honnête ces recruteurs auraient tort de se priver… 1,1 million d’utilisateurs francophones sur Facebook (60 millions en tout), une majorité de 25-35 ans… un vivier de candidats à portée de main. Le marché de l’e-recrutement est un morceau de choix pour les acteurs qui réussiront à tirer leur épingle du jeu (tant dans l’esprit des candidats que de celui des recruteurs). L’hyper médiatisation, le succès énorme de FB et la faciliter d’implantation étaient trop tentants… Faire connaître une plateforme sociale sur internet n’est pas un travail simple, dans ce cas précis les médias s’en chargeaient quasi quotidiennement. Avant même de se poser la question de savoir si oui ou non le recrutement avait sa place sur FB, la majorité des acteurs y étaient déjà présent. Mais y sont-ils vraiment à leur place ?

Je n’ai rien contre le fait que FB soit utilisé dans le cadre d’un développement économique, loin de là. Selon une étude réalisée par ComScore, les inscrits à FB y consacreraient en moyenne 20 minutes par jour, si à l’époque des tamagoshi on vous avait proposé un espace publicitaire sur ces petits écrans, vous vous en seriez privé ? Bien sûr que non ! Moi même en tant que consultant internet il ne me viendrait pas à l’esprit d’oublier d’évoquer FB dans le cadre d’une démarche globale pour un client qui cherche a toucher les 25-35 ans. Pour citer un exemple qui a largement fait buzzer la blogosphère, l’agence “Hémisphère droit” a brillamment accompagné Virgin Mobile dans une implantation réussie grâce à l’application dooblebook. Nous sommes la dans le cadre typique de l’annonceur qui cherche à toucher une population ciblée par une forme de séduction en s’intégrant leur milieu, en exploitant leurs codes. Typiquement le genre d’annonceur qui envoi de jolies demoiselles (ou de charmants garçons selon la cible) sur les plages ou à la sortie des boîtes de nuit d’une station balnéaire au mois d’août pour faire l’apologie du nouveau produit ou service à la mode. On y est, FB est une grosse boîte du nuit, une plage où l’on peut se retrouver entre amis… vous imager des ingénieurs de Motorola ou des DRH de Total venir s’installer a coté de vous pendant que vous vous dorer la pilule pour vous parler de perspective de carrière ? Vous ne seriez sans doute pas très à l’aise. Pour les mêmes raisons, vous ne débarquez probablement pas avec votre album de photo de vacances quand vous allez passer un entretien d’embauche… Le fait de chercher un emploi ne vous empêche pas d’avoir une vie privée, simplement durant le temps de l’entretien, ou dans le cadre de vos échanges professionnels, vous évoluez dans une sphère différente.

Pour faire le parallèle avec nos identités numériques, Facebook est une sphère différente, un espace dédié à des affinités plus personnelles que professionnelles. Si les recruteurs avaient été les premiers à l’exploiter ce serait probablement aujourd’hui un excellent réseau social pour l’emploi, mais il se trouve que les premiers arrivés ont choisi d’en faire autre chose. On peut le regretter, s’en féliciter, mais le succès de Facebook montre bien qu’il avait une véritable demande. Étant actuellement à la recherche d’un poste, je parcours beaucoup les réseaux dédiés aux échanges professionnels, on y trouve tout un tas de fonctionnalités très intéressantes… mais un Facebook dédié au recrutement reste à inventer.